Compétences transférables : comment valoriser ton profil pour entrer dans le sport

Par PE, CEO de BOOST · Lecture 5 minutes

"Est-ce que je ne risque pas de m'enfermer en m'orientant vers ma passion ?"

C'est une question que je me suis régulièrement posée lorsque j'ai eu des choix importants à faire. De la construction de mon parcours académique à la recherche de job, j'ai souvent eu peur que le sport me ferme des portes, "si jamais je voulais finalement faire autre chose".

Et depuis ?

Depuis, j'ai compris qu'en travaillant dans une industrie qui me passionne, non seulement je m'épanouis (ce qui pourrait être une raison suffisante à elle seule) mais en plus je ne m'enferme absolument pas. Bien au contraire.

En évoluant dans un environnement qui te passionne, tu es naturellement plus curieux·se, plus enthousiaste et donc plus susceptible de développer de nouvelles aptitudes. Pour peu que tu sois proactif·ve, ta courbe d'apprentissage ne peut qu'être BOOSTée si tu aimes ton environnement de travail.

Mais le sujet du jour n'est pas là. On est là pour s'attaquer à une croyance limitante qui te pousse à croire qu'après X années passées dans une industrie, tu ne pourras plus en changer. Et particulièrement, qu'il serait trop tard ou trop risqué de rejoindre l'industrie du sport si tu viens d'ailleurs.

C'est faux. La clé pour passer d'un secteur à un autre, c'est de savoir identifier et valoriser tes compétences transférables : ce que tu sais faire et qui reste vrai quel que soit le contexte. Chez BOOST, on préfère les appeler des aptitudes, et on va voir pourquoi.

Que tu sois en reconversion ou au début de ta vie professionnelle, après avoir lu ça, tu n'auras plus peur de te lancer à fond dans ton industrie passion.

Voici les 6 réflexes pour valoriser ton profil et entrer dans l'industrie du sport.

1. Imagine que tu t'adresses à tes parents

No offense les parents, mais on sait que si on doit vous parler de nos métiers, on devra probablement faire attention à n'utiliser aucun terme trop technique. Sinon le risque, c'est de vous dire "Je suis Customer Success Manager dans une scale-up SaaS" et de voir une sorte d'incompréhension mêlée à de l'inquiétude dans votre regard.

L'idée de se dire "mes parents doivent pouvoir comprendre ce que je dis quand je parle de mon parcours", c'est que si eux peuvent comprendre, tout le monde peut comprendre. Pour cela, la première chose à faire, c'est de te débarrasser de tous ces termes trop techniques qui font pro dans ton industrie, mais te rendent incompréhensible à l'extérieur.

Le fait de vulgariser et de généraliser les mots que tu emploies pour décrire ton parcours va te rendre beaucoup plus accessible pour les recruteur·euse·s du sport, qui ne connaissent pas forcément les codes de ton secteur d'origine. Faire simple, c'est parfois plus compliqué, mais c'est toujours plus compréhensible.

Pas d'acronymes, pas de franglais, pas de jargon technique et des phrases simples (sujet, verbe, complément).

2. Mets en avant des aptitudes, pas des compétences

Gérer une relation de partenariat entre deux parties, c'est une aptitude, pas une compétence. Quelque chose dont tu peux te servir indépendamment du contexte, et qui t'est propre. Ce n'est pas nécessairement lié à une expérience en particulier, ni quelque chose que tu as appris. C'est quelque chose que tu as développé au fur et à mesure de ton parcours et qui est lié à ta personnalité.

C'est exactement ce qu'on appelle ailleurs une compétence transférable. L'aptitude "gestion de partenariat" te permet par exemple de bosser dans la grande distribution (relation fournisseur / distributeur) comme dans le sport (relation ayant-droit / annonceur). C'est elle qui fait le pont entre ton ancien secteur et l'industrie du sport.

Petit tips pour transformer tes compétences en aptitudes : commence tes phrases par "je sais" + verbe. Essaye, tu verras, ça marche à tous les coups. Et ça te permettra de valoriser tes aptitudes dans n'importe quel univers, à commencer par le sport.

3. Trouve des parallèles avec les industries que tu connais

Un jour quelqu'un m'a dit "oui de toute manière c'est comme n'importe quelle industrie : il y a des gens qui achètent, des gens qui vendent et des intermédiaires".

En soi, c'est vrai. Il y aura toujours des similitudes entre l'industrie que tu veux quitter et celle que tu veux rejoindre. À toi de les trouver pour jouer sur les parallèles auprès des recruteur·euse·s. En identifiant ces ressemblances, cela va même te forcer à te renseigner sur les acteurs de l'industrie du sport que tu veux rejoindre, pour identifier ceux qui t'intéressent en priorité et qui ont le plus besoin des aptitudes que tu as développées. D'une pierre, deux coups.

Repars de ce triptyque basique (acheteurs / fournisseurs / intermédiaires) pour comprendre le fonctionnement de l'industrie qui t'intéresse. Au fur et à mesure que tu te renseignes et découvres les acteurs, tu développeras une compréhension de plus en plus fine du secteur.

4. N'oublie pas de parler de toi

À première vue, cela peut paraître logique. Mais combien de fois on a entendu chez BOOST "je ne me reconnais pas dans mon CV". Tout simplement parce qu'on a trop l'habitude de parler de nos expériences, et pas assez de nous-mêmes.

Si tu t'efforces de parler de toi, et pas de tes expériences (ou des organisations pour lesquelles tu as travaillé), tu te détacheras naturellement de ton industrie précédente. En plus, en parlant de toi, tu vas automatiquement parler des aptitudes que tu as développées et du rôle que tu jouais. C'est donc d'autant plus facile pour les recruteur·euse·s de mettre du concret sur ce que tu sais faire et ce que tu pourrais faire en les rejoignant.

Alors que si tu ne parles que du rôle de ton organisation, ce sera compliqué pour la personne de se projeter. Le but est donc de décrire le plus factuellement possible ce que toi tu as fait, et en quoi c'est valable pour l'industrie du sport.

Dans une vision cathédrale, commence toujours par le sens et l'objectif de ce que tu faisais, avant de détailler la tâche elle-même. Celui qui "construit une cathédrale" raconte une autre histoire que celui qui "taille une pierre", alors qu'il s'agit du même geste.

5. Renseigne-toi vraiment sur l'industrie du sport

Le dernier réflexe, et pas le moindre. Valoriser ton profil pour entrer dans le sport, ça ne marche que si tu montres que tu connais le terrain où tu veux jouer. Rien de pire, pour un·e recruteur·euse du secteur, qu'un·e candidat·e qui veut "travailler dans le sport par passion" sans rien connaître des réalités du marché.

Renseigne-toi sur les acteurs, les modèles économiques, les enjeux du moment. Identifie les organisations qui correspondent à tes aptitudes. Plus tu seras précis·e sur le secteur, plus tu prouveras que ta démarche est sérieuse, et pas juste un rêve de fan.

Suis l'actualité du sport business, repère les organisations qui recrutent, et connecte-toi avec des personnes qui y travaillent déjà. Ta connaissance du secteur se verra immédiatement en entretien.

6. Explique le rôle que le sport a joué (ou joue) dans ton parcours

On a déjà parlé du fait que tu ne dois en aucun cas commencer tes entretiens ou tes lettres de motivation en disant que si tu souhaites rejoindre cette industrie, c’est parce que tu es passionné.e. Si tu as besoin d’une petite piqûre de rappel, ça se passe juste ici : TOP 5 des choses à dire en entretien avant de parler de ta passion.

Mais ça ne veut pas dire que tu ne dois pas parler de ta passion. Bien sûr qu’elle joue un rôle important et qu’elle mérite d’être évoquée ! Puisque c’est probablement elle qui te pousse à vouloir changer d’industrie. C’est donc important d’en parler, mais pas en termes génériques. Essaye plutôt d’expliquer en quoi tu vis cette passion différemment, qu’est-ce qui t’intéresse particulièrement, pourquoi tu as envie de passer de l’autre côté de la barrière (le fameux behind the scene).

Changer d'industrie pour rejoindre le sport n'a rien d'un saut dans le vide. Tes compétences transférables, ce que tu sais faire indépendamment de ton secteur d'origine, sont ton meilleur atout. Le travail consiste à les identifier, à les formuler simplement, et à montrer en quoi elles sont utiles à l'industrie du sport.

Et si tu sens que c'est ton projet lui-même qui a besoin d'être clarifié, avant même de savoir comment le présenter, c'est peut-être le bon moment pour le poser sérieusement. Le Parcours, notre bilan de compétences spécialisé dans l'industrie du sport, accompagne précisément les personnes qui veulent rejoindre ou évoluer dans le secteur.

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