Un entretien d'embauche est un exercice structuré et méthodique qui pour vocation de faire ressortir l'adéquation entre un·e candidat·e et un besoin en recrutement. Or tu as l’impression que tes entretiens sont juste monotones et les échanges plus protocolaires qu’authentiques : les questions se ressemblent, le processus se répète et l’entretien devient un script qui ne permet pas de faire ressortir le bon choix.
En tant que recruteur·se, c’est toi qui détiens la clé pour transformer un simple entretien d’embauche en un véritable échange avec ta pépite.
L’objectif est de faire de ce moment une expérience enrichissante pour tous·tes, plutôt qu’un interrogatoire ou une session questions - réponses.
Alors pour remettre l’authenticité et l’Humain au cœur de ton entretien, on t’a listé quelques conseils pratiques pour engager ta pépite et toi dans le moment et rendre l’échange bénéfique.
Lis la suite pour en savoir plus ! ⤵️
S'accorder sur les attentes de chacun lors de cet entretien d'embauche
Annoncer le déroulé de l’échange
Quoi de plus rassurant que de savoir comment va se passer l’échange ? Cela apporte de la visibilité, de la fluidité, de la transparence et de l’engagement sur le moment que vous allez passer !
Ta pépite a beau avoir préparé son entretien de la meilleure des manières, il restera toujours quelques zones d’incertitudes par rapport aux points que vous allez aborder.
Grâce à ça, tu balayes les doutes des deux côtés et tu installes un cadre moins stressant.
Se présenter soi-même et son organisation
Ça peut paraître anodin, mais cette étape est toute aussi importante pour toi que pour ton·a candidat·e.
De ton côté, tu rentres dans l’entretien en te présentant de manière générale : ton rôle, l’équipe dont tu fais partie, les missions dont tu es chargé·e, puis tu parles de ton entreprise.
C’est ici que tu vas pouvoir partager des aspects clés de la culture d’entreprise : l’environnement de travail, les valeurs et les convictions de l’organisation, ou encore les enjeux plus globaux auxquels elle répond. C’est aussi un moyen de renforcer l’alignement de ta pépite sur les valeurs de ton entreprise.
Côté pépite, la façon dont tu te présentes va influencer sa perception de toi, et par extension celle de ton entreprise. Plus tu es positif·ve, avenant·e et ouvert·e dans ta communication, meilleure sera l’image que tu renverras.
Ce qui va en découler ? Une atmosphère beaucoup plus rassurante et moins stressante pour ta pépite, et un échange plus détendu et authentique.
Bravo, tu viens de poser une base solide pour la suite de ton entretien !
Laisser le·a candidat·e se présenter
Tu t’es présenté·e ton entreprise et toi, et après avoir donné le bon rythme à ton entretien, c’est le moment de laisser le·a candidat·e se présenter à son tour. Pourquoi est-ce si important d’après toi ?
Premièrement, tu peux observer la manière dont ta pépite se présente et ce qu’elle a envie de mettre en avant quand elle parle d’elle. Tu connais déjà son parcours grâce à son CV, mais tu ne sais pas encore comment elle parle de ses expériences et de ce qu’elle en retient. Ce moment te permet de voir s'il·elle a bien compris la teneur de la fiche de poste.
Et deuxièmement, tu montres l’ouverture et la découverte au-delà du CV. Tu t’intéresses réellement à la personne derrière ce bout de papier afin de la comprendre et de commencer à vérifier qu’elle matche bien avec les attentes que tu as par rapport au poste.
Cette phase de présentation te permettra également de détecter des premiers éléments importants constitutifs de ta scorecard : esprit synthétique, factuel ou créatif, niveau d’anglais,…
Poser les bonnes questions pour aligner le candidat sur les attentes
Évaluer ses compétences métiers
Ton objectif à ce moment de l’entretien, c'est de ne pas tomber dans les biais de recrutement mais de poser les bonnes questions pour obtenir des informations détaillées sur ses compétences et ses techniques. Tes questions doivent être pensées de manière à encourager ta pépite à détailler ses expériences, et à démontrer comment elle les a appliqué dans un contexte professionnel. Surtout si la personne n'est pas familière du secteur sport et souhaite le rejoindre : la transférabilité des compétences métiers est tout à fait possible, mais doit être démontrée.
Une question comme : “Peux-tu me décrire une situation où tu as résolu un problème lié à [compétence métier] dans tes précédents jobs ?”
Jauger sa connaissance du secteur
Tu l’auras vite compris, en jaugeant la connaissance de ta pépite sur le secteur dans lequel tu exerces, tu te rends compte de sa crédibilité et de sa capacité à saisir les détails spécifiques à ton domaine.
Un·e candidat·e bien informé·e sur le secteur sport est plus au courant des tendances et des évolutions, ce qui te permet de garder un aspect stratégique, en identifiant opportunités et risques, et en apportant des solutions alignées sur la réalité du marché.
Un exemple de question à poser : “Peux-tu citer une entreprise ou un projet récent qui t’a marqué et pourquoi ?”
Appliquer ses compétences grâce à des exemples concrets
Bien plus que de la théorie, on préfère toujours avoir des exemples concrets comme éléments de réassurance. Et ça te permet notamment de comprendre quels défis ton·ta candidat·e a rencontré et comment elle a surmonté ces obstacles. Au-delà de ses compétences, tu peux évaluer sa manière de résoudre un problème et son comportement face à la difficulté.
En posant la question : “Peux-tu me partager un projet sur lequel tu as mis en œuvre [compétence métier] et si tu as obtenu des résultats ?”, tu approfondis ta compréhension sur la manière dont ta pépite applique ses compétences sur des projets concrets.
Laisser le·a candidat·e poser des questions
Maintenant que tu as posé les questions pour collecter les informations dont tu avais besoin, tu peux (que dis-je, tu dois !) laisser ta pépite poser ses questions aussi. Ça peut te paraître logique, mais ça ne l’est pas forcément pour tout le monde.
Elle a certainement envie d’éclaircir les attentes de deux côtés, de démontrer un peu plus son intérêt pour le poste, ou simplement envie de rebondir sur un élément que tu as pu évoquer plus tôt.
Tout cela facilite la prise de décision et permet déjà au candidat de se projeter pour la suite. Et toi, tu peux vérifier si ta pépite sait de quoi elle parle !
Les spécificités de l'entretien d'embauche dans l'industrie du sport
Mener un entretien dans l'industrie du sport, c'est naviguer dans un secteur où la passion brouille régulièrement les signaux. C'est peut-être la particularité la plus importante à garder en tête : beaucoup de candidat·es qui postulent dans le sport le font d'abord parce qu'ils aiment le sport. C'est une motivation réelle, mais ce n'est pas un critère de performance. Ton rôle en entretien est de distinguer les deux.
Concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que "je suis passionné·e de sport depuis toujours" n'est pas une réponse à "pourquoi ce poste". Ça veut dire qu'un profil qui connaît parfaitement les résultats du week-end n'est pas nécessairement un meilleur responsable marketing qu'un profil issu de l'entertainment ou du luxe. Et ça veut dire que tes questions doivent être construites pour aller chercher des preuves de compétence, pas des déclarations d'amour pour le secteur.
Deuxième spécificité : les réseaux. Dans un marché aussi petit que celui du sport business, il y a de fortes chances que tu connaisses des personnes qui ont travaillé avec le·a candidat·e, ou que le·a candidat·e connaisse des personnes de ton organisation. C'est une information utile, mais elle peut aussi activer des biais de recrutement puissants — biais de similarité, biais de réputation — qui faussent ton évaluation avant même que l'entretien commence. Si tu sais que quelqu'un que tu respectes a travaillé avec ce profil, note-le et mets-le de côté pendant l'entretien. Tu vérifieras après.
Troisième spécificité : la rémunération. Dans le sport business, les enveloppes sont souvent contraintes, et beaucoup de candidat·es l'acceptent parce qu'ils veulent travailler dans ce secteur. Ce n'est pas une raison de ne pas aborder le sujet franchement dès le premier entretien. Un·e candidat·e qui accepte un package en dessous de ses attentes parce qu'il·elle "voulait vraiment ce poste" est un·e candidat·e qui risque de partir dès qu'une meilleure offre se présente, souvent dans les 12 à 18 mois. Autant aligner les attentes dès le départ.
Vérifier la faisabilité grâce aux critères pratiques
Ton·ta condidat·e remplit tous les critères que tu attendais sur ce poste : compétences métiers excellentes, une bonne maîtrise du secteur et de ses tendances, des projets concrets à faire valoir et il·elle a même posé des questions pertinentes.
Avant de lui faire signer une promesse d'embauche, il te reste encore quelques détails cruciaux à vérifier :
- Les langues : ta pépite parle-t-elle plusieurs langues et ce critère est-il nécessaire pour le poste en question ?
- La localisation : si le poste est basé à Bordeaux et que ton candidat est installé à Strasbourg, l’affaire peut se corser et c’est à toi d’évaluer ce que ta pépite est prête à faire pour le job.
- Le préavis : est-il nécessaire d’en faire un ?
- Les prétentions salariales : ça peut être un sujet sensible, donc assure-toi que ton·a candidat·e est aligné·e avec ce que tu lui proposes ! Et puis si tu es à court d’idées, on a quelques tips pour améliorer ton offre sans toucher au salaire 😉
- La mobilité : est-ce que ton poste nécessite d’avoir le permis ou un véhicule ? Et est-ce que ta pépite en possède ?
Apporter de la visibilité sur les prochaines étapes et la temporalité
Là aussi tu contribues à conserver une bonne atmosphère mais aussi et surtout une bonne image de l’entreprise. Informer le·a candidat·e de la suite, c’est déjà lui faciliter le suivi : tu lui donnes une temporalité au niveau de ta réponse, et lui·elle sait à quoi s’attendre.
Grâce à ça, tu gères ses attentes et tu évites toute frustration de son côté. Désormais, ta pépite peut planifier son suivi et se positionner vis-à-vis de ses autres engagements professionnels. Ton temps est précieux, et le sien aussi !
Et en plus, tu maintiens l’intérêt de son côté puisqu’il·elle se sent engagé·e dans le processus de recrutement : c’est bénéfique pour toi de garder une personne motivée jusqu’à sa prise de poste.
Clôturer un entretien d'embauche : remercier le·a candidat·e pour le moment partagé
C’est important de commencer et de finir sur une bonne note.
On remercie le·a candidat·e pour le moment que vous venez de partager. Vous étiez certainement un peu stressé·e tous·tes les deux, et pourtant l’échange s’est bien déroulé et vous en ressortez chacun·e un peu plus grand·e. Alors autant vous remercier pour ça.
Tu l’auras compris, un entretien est un moment stratégique et cadré mais il doit également être un vrai échange authentique où le processus reste humain quand on y met les bons ingrédients.
Et pour qu’il reste humain du début à la fin, mieux vaut arriver préparé.
Première étape : le brief recrutement